Décès ou accident grave : accompagner les équipes exposées
Mobilisez un dispositif de crise dès les premières heures qui suivent l’événement. Après un décès, un accident ou une agression, les premières décisions concernent autant la sécurité et l’organisation du travail que l’accompagnement des personnes exposées.



Les situations concernées
La nature de l’événement compte, mais le niveau d’exposition des personnes et les circonstances dans lesquelles elles y ont été confrontées déterminent largement les besoins d’accompagnement.
Un décès sur le lieu de travail
Les témoins directs, les collègues proches et les premiers intervenants demandent une attention particulière. Un suicide survenu au temps et au lieu du travail est en principe présumé imputable au travail.
Un accident grave
Les témoins, les personnes ayant porté secours et les collègues directement exposés peuvent être affectés, même sans blessure physique.
Une agression
Une violence au travail peut affecter la victime comme les témoins, qu’elle provienne d’un collègue, d’un usager ou d’un tiers.
Le décès d’un collègue hors du travail
Il n’entraîne pas les mêmes démarches qu’un accident professionnel, mais peut fortement affecter un collectif aux liens anciens ou étroits.

Les premières heures : sécuriser, informer et rendre l’aide accessible
Après un événement grave, l’organisation doit simultanément gérer les faits, informer les personnes concernées et maintenir un cadre de travail suffisamment sécurisant.
Une information tardive, contradictoire ou insuffisante favorise les incompréhensions et les rumeurs. À l’inverse, communiquer trop vite des informations non vérifiées ou des éléments sensibles peut également fragiliser les personnes concernées.
L’enjeu consiste donc à déterminer ce qui peut être dit, à qui, par qui et à quel moment, tout en rendant immédiatement identifiable le dispositif d’accompagnement disponible.
La parole institutionnelle ne doit ni minimiser l’événement, ni chercher à lui donner trop rapidement une explication.
Ce que produit l’absence de prise en charge
Les réactions à un événement potentiellement traumatique varient fortement d’une personne à l’autre. Certaines sont immédiates, d’autres apparaissent ou persistent dans les semaines qui suivent.
- Pour les personnes
Des réactions qui nécessitent parfois un suivi
Troubles du sommeil, reviviscences, anxiété, irritabilité ou difficultés de concentration peuvent apparaître après l’événement. Beaucoup diminuent progressivement, mais leur persistance ou leur intensité peut justifier une évaluation et une prise en charge spécialisées.
- Pour l’équipe
Le collectif peut rester durablement marqué
Les incompréhensions, les rumeurs et les questions laissées sans réponse peuvent prolonger les effets de l’événement sur le fonctionnement de l’équipe.
- Pour l’employeur
Une obligation d’évaluer et d’agir
Lorsqu’un événement affecte la santé ou la sécurité des salariés, l’employeur doit évaluer la situation et mettre en œuvre les mesures de prévention et de protection adaptées aux circonstances.
Du soutien immédiat au suivi à distance
Nos psychologues interviennent auprès des personnes exposées, tout en respectant le volontariat et les réactions propres à chacun.
- Réponse principale
Cellule de crise
Mobiliser rapidement une réponse après un événement grave. Décès, accident grave, agression ou événement potentiellement traumatique : nos psychologues interviennent pour évaluer les besoins, soutenir les personnes et les collectifs concernés et accompagner l’encadrement dans les premières étapes.
Voir la prestation - En complément
Intervention post-événement
Créer un espace encadré après une situation éprouvante. Nos psychologues accompagnent les équipes exposées à un événement difficile à travers un temps collectif structuré, adapté à la nature de l’événement, au contexte et aux besoins identifiés.
Voir la prestation - En complément
Cellule d’écoute
Créer un point d’accès confidentiel lorsque vos équipes en ont besoin. Mettez à disposition de vos collaborateurs un dispositif d’écoute assuré par des psychologues. L’organisation dispose d’indicateurs agrégés sur le fonctionnement du dispositif, sans accès au contenu individuel des échanges.
Voir la prestation
Les étapes et leurs délais
Les premières heures servent à sécuriser et organiser la réponse.
- Dès l’appel
Premier échange
Nous qualifions l’événement et l’exposition à partir de la nature des faits, des personnes directement ou indirectement exposées, des mesures déjà prises et des informations déjà communiquées.
- Dès les premières heures
Communication
Pour préparer la parole de l’organisation, nous déterminons ce qui peut être communiqué, dans quel ordre et à quelles personnes, en tenant compte des informations disponibles et de la confidentialité nécessaire.
- Selon la situation
Présence auprès des équipes
Pour rendre l’accompagnement immédiatement accessible, des psychologues peuvent être présents auprès des équipes concernées, sans imposer d’entretien ni de verbalisation aux salariés.
- Dans les jours et les semaines qui suivent
Repérage et suivi
Pour identifier les besoins qui persistent, nous informons sur les réactions possibles, orientons les personnes qui le souhaitent et mettons un suivi individuel à disposition.
Ce que le dispositif change, de chaque côté
Un dispositif de crise permet d’organiser une réponse cohérente immédiatement après l’événement et de rendre l’accompagnement accessible aux personnes qui en ont besoin.
- Côté employeur
Ce que vous y gagnez.
- Vous prenez les premières décisions avec l’appui de professionnels habitués aux situations critiques.
- Vous préparez votre communication en tenant compte de l’événement et des personnes concernées.
- Vous rendez rapidement visibles les possibilités de soutien.
- Vous conservez la trace des mesures de prévention et d’accompagnement mises en œuvre.
- Côté bénéficiaire
Ce que cela change pour lui.
- Il sait où trouver un professionnel sans avoir à passer par sa hiérarchie.
- Il reste libre de parler ou non de ce qu’il a vécu.
- Il n’est pas contraint de raconter l’événement ni exposé inutilement au récit détaillé d’autres personnes.
- Il peut solliciter un accompagnement individuel confidentiel lorsque le besoin apparaît, y compris plusieurs jours après l’événement.

Ce que l’événement peut déclencher sur le plan procédural
Les démarches applicables dépendent de la nature de l’événement, de ses circonstances et de son lien avec le travail.
La déclaration d’un accident du travail
L’employeur déclare en principe l’accident du travail à la CPAM sous 48 heures, hors dimanches et jours fériés. Un décès ou un suicide survenu au temps et au lieu du travail peut être présumé imputable au travail.
Le CSE
Le CSE peut notamment enquêter sur les accidents du travail et les maladies professionnelles. Selon la gravité de l’événement, d’autres procédures d’information ou de consultation peuvent s’appliquer.
L’obligation de sécurité
L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Après un événement grave, les mesures prises doivent être adaptées aux risques et aux personnes exposées.
La mise à jour du document unique
L’événement doit conduire à réexaminer l’évaluation des risques lorsqu’il révèle un risque nouveau ou apporte des informations nouvelles sur un risque existant. Les enseignements tirés de l’événement doivent ensuite être traduits dans les mesures de prévention appropriées.
Questions fréquentes
Sous quel délai intervenez-vous ?
Nous assurons un premier échange téléphonique sous 24 heures et une présence sur site sous 48 heures ouvrées, le délai réel dépendant de la localisation et du nombre de personnes concernées.
Faut-il réunir toute l’équipe ?
Pas systématiquement, et jamais sans préparation, car une réunion collective imposée juste après un événement peut aggraver l’exposition de certains. Nous en décidons ensemble lors du cadrage téléphonique.
Que dire, et à qui ?
Une parole officielle doit être adressée rapidement à tous. Son contenu, préparé en amont, doit être factuel, respectueux de la famille et indiquer ce que l’organisation met à disposition. Le silence laisse place à des récits plus durs que les faits.
Faut-il arrêter l’activité ?
La réponse dépend de la situation, car un arrêt total peut être vécu comme une sidération collective et une continuité totale comme un déni. La décision se prend en fonction des personnes exposées.
Les managers sont-ils accompagnés ?
Oui, et c’est souvent la partie la plus utile, car ils sont exposés deux fois, par l’événement et par le rôle qu’on attend d’eux. Un temps leur est réservé, distinct de celui des équipes.

Une situation en cours ?
Si un événement vient de survenir, appelez-nous directement plutôt que de remplir un formulaire, en précisant qu’il s’agit d’une urgence.


