Risques psychosociaux : exemples et obligations légales

Risques psychosociaux (RPS) : définition complète, exemples concrets en entreprise et obligations légales de l'employeur. Guide pratique pour les RH de PME et ETI.

Risques psychosociaux

February 19, 2026

Risques psychosociaux : un enjeu central pour les entreprises françaises

Les risques psychosociaux, communément désignés par l'acronyme RPS, représentent aujourd'hui l'un des défis majeurs de la santé au travail en France. Avec plus de 5 400 recherches mensuelles sur Google, ce sujet témoigne d'une préoccupation croissante des professionnels RH, des managers et des dirigeants. Mais derrière ce terme générique se cache une réalité complexe qu'il convient de bien comprendre pour agir efficacement.

Définition des risques psychosociaux

Les risques psychosociaux désignent l'ensemble des risques pour la santé mentale, physique et sociale des travailleurs, engendrés par les conditions d'emploi, les facteurs organisationnels et les relations professionnelles. Selon l'INRS, ils recouvrent des situations de travail où sont présents du stress, des violences internes (harcèlement, conflits) et des violences externes (agressions de la part du public).

Cette définition mérite d'être précisée. Les RPS ne désignent pas des pathologies en tant que telles, mais des facteurs de risque qui, selon leur intensité et leur durée d'exposition, peuvent générer des atteintes à la santé : troubles anxio-dépressifs, épuisement professionnel, maladies cardiovasculaires, troubles musculosquelettiques, voire conduites suicidaires dans les cas les plus graves.

Le rapport Gollac (2011), qui fait toujours référence, a identifié six grandes familles de facteurs de risques psychosociaux : l'intensité et le temps de travail, les exigences émotionnelles, le manque d'autonomie, la dégradation des rapports sociaux, les conflits de valeurs et l'insécurité de la situation de travail.

Exemples concrets de risques psychosociaux en entreprise

Pour mieux appréhender les RPS, il est utile de les illustrer par des situations concrètes que l'on rencontre fréquemment en entreprise, particulièrement dans les PME et ETI.

Le stress lié à la surcharge de travail constitue probablement l'exemple le plus répandu. Un collaborateur qui reçoit systématiquement plus de travail qu'il ne peut raisonnablement accomplir dans le temps imparti, sans possibilité de négocier les délais ou de prioriser, se trouve en situation de risque. Cette situation est particulièrement fréquente dans les PME où la polyvalence est la norme et où les effectifs sont dimensionnés au plus juste.

Le harcèlement moral, qu'il soit descendant (d'un supérieur vers un subordonné), ascendant ou horizontal, représente un risque psychosocial majeur. Il se manifeste par des agissements répétés ayant pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits et à la dignité du salarié.

L'isolement professionnel constitue un autre facteur de risque, amplifié par le développement du télétravail. Un salarié qui ne bénéficie pas de soutien social, que ce soit de la part de ses collègues ou de sa hiérarchie, est plus vulnérable aux atteintes psychologiques.

Le conflit de valeurs survient lorsqu'un salarié est amené à agir en contradiction avec ses principes éthiques ou professionnels. Un commercial contraint de vendre un produit qu'il sait inadapté, un soignant qui ne peut pas consacrer suffisamment de temps à ses patients : ces situations génèrent une souffrance profonde liée à la perte de sens.

Le cadre légal : obligations de l'employeur

Le Code du travail impose à l'employeur une obligation générale de sécurité et de protection de la santé physique et mentale de ses salariés (articles L.4121-1 à L.4121-5). Cette obligation est qualifiée par la jurisprudence d'obligation de résultat en matière de risques psychosociaux, ce qui signifie que l'employeur ne peut pas se contenter de démontrer qu'il a pris des mesures : il doit prouver que ces mesures ont été efficaces.

L'Accord national interprofessionnel sur le stress au travail (2008) et l'Accord sur le harcèlement et la violence au travail (2010) complètent ce dispositif en définissant des obligations spécifiques en matière de prévention des RPS. L'employeur doit notamment évaluer les risques psychosociaux dans le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP), mettre en oeuvre des actions de prévention primaire, secondaire et tertiaire, et former les managers à la détection et à la gestion de ces risques.

Les sanctions en cas de manquement sont sévères : reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur, dommages et intérêts, voire poursuites pénales en cas de harcèlement avéré.

Comment évaluer les risques psychosociaux dans votre entreprise

L'évaluation des RPS nécessite une méthodologie rigoureuse qui combine approche quantitative et qualitative. Le point de départ est souvent un diagnostic RPS structuré, mené à l'aide de questionnaires validés scientifiquement.

Parmi les outils les plus utilisés, le questionnaire de Karasek mesure la demande psychologique, la latitude décisionnelle et le soutien social. Le modèle de Siegrist évalue le déséquilibre effort-récompense. Ces grilles d'analyse, combinées à des entretiens individuels et collectifs, permettent de cartographier précisément les zones de risque au sein de l'organisation.

Chez Dupsy, le baromètre QVCT intègre ces dimensions dans un questionnaire de 20 questions conçu par des psychologues du travail. Il offre une photographie précise du climat social et permet d'identifier les leviers d'action prioritaires, tout en garantissant l'anonymat des répondants.

Prévenir les RPS : les trois niveaux d'action

La prévention des risques psychosociaux s'articule autour de trois niveaux complémentaires. La prévention primaire vise à éliminer ou réduire les facteurs de risque à la source : réorganisation du travail, clarification des rôles, amélioration du management, renforcement du dialogue social. C'est le niveau le plus efficace mais aussi le plus exigeant en termes de transformation organisationnelle.

La prévention secondaire cherche à renforcer la capacité des individus à faire face aux situations de stress : formation à la gestion du stress, développement des compétences psychosociales, sensibilisation aux signaux d'alerte. Ces actions complètent la prévention primaire mais ne doivent pas s'y substituer.

La prévention tertiaire intervient lorsque le dommage est déjà survenu : accompagnement psychologique individuel, cellule d'écoute, plan de retour à l'emploi après un arrêt maladie. Ces dispositifs sont indispensables mais ne règlent pas les causes profondes.

L'accompagnement Dupsy : une approche intégrée

Pour les PME et ETI qui ne disposent pas de psychologue du travail en interne, externaliser l'évaluation et la prévention des RPS auprès d'experts constitue une solution pragmatique et efficace. Dupsy propose une approche intégrée qui combine diagnostic scientifique, accompagnement psychologique individuel et collectif, et formation des managers. Cette approche permet de répondre aux obligations légales tout en améliorant durablement les conditions de travail.

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